Education : six besoins fondamentaux

Les besoins fondamentaux des enfants sont répertoriés en psychologie. Ils sont au nombre de 6.

Ainsi, pour être heureux et épanoui, pour que son développement puisse se poursuivre harmonieusement l’enfant aura besoin que l’on y réponde quotidiennement.

Le premier besoin est le besoin d’Attention: la capter est son premier objectif et pour ce faire tous les moyens sont bons ! faire le clown, transgresser les règles, exploser au niveau émotionnel. Dans ce domaine la fin justifie les moyens. Pour lui c’est vital ! Capter l’attention signifie tout simplement exister, être au monde, se sentir important, se sentir aimé… Mais une fois qu’elle est captée il faut la conserver le plus longtemps possible. Or aujourd’hui, il est parfois difficile pour l’enfant de rivaliser avec toutes les sollicitations et occupations de ses parents. Alors, désespérément il « pousse le bouchon » pour avoir sa part d’attention. Dans ces moments-là on dit souvent de lui qu’il est capricieux ! Or le caprice n’existe pas chez le jeune enfant : il ne prémédite pas son action, il n’agit pas ainsi pour embêter son entourage, il répond juste à un besoin impérieux, incontournable car il y va de sa survie psychique !

Le second besoin est le besoin d’Amour: sentir qu’il est aimé, accepté tel qu’il est. Pour cela il a besoin de preuves tangibles : d’un regard positif sur lui, de mots doux, de gestes tendres, par exemple être pris dans les bras, câliné, embrassé, réconforté…

Le troisième besoin est le besoin de Sécurité: celle-ci s’acquiert grâce aux règles clairement établies. Savoir ce qu’il peut faire ou ne pas faire est indispensable à l’enfant car il ne connaît pas le monde, ni ses règles de fonctionnement. Il a tant à apprendre ! Mais ces règles doivent être posées avec bienveillance et des explications : pourquoi est-ce que je dois aller me coucher à 8h ? Pourquoi doit-on se laver les dents … pour l’adulte ces demandes sont logiques, évidentes, « cela va de soi » mais elle doivent avoir un sens pour l’enfant, sinon pourquoi devrait-il les accepter, les intégrer ?

Dans sa quête de sécurité l’enfant sera très rassuré par les routines, celles-ci lui donnent un sentiment de stabilité, de connu… si vous changez la routine sans le prévenir, le préparer, il risque de réagir vivement, émotionnellement. C’est normal, mettez-vous à sa place ! d’habitude on prend le bain avant le repas, là vous lui dîtes : «aujourd’hui ce sera après le repas… » Mais pourquoi ? souvent les adultes répondent à l’enfant : c’est comme ça… je n’ai pas le temps de t’expliquer ou je t’expliquerai quand tu seras grand … sauf que l’enfant vit dans le présent… dans sa tête, “plus tard” (avant l’âge de 7 ans) n’a pas de réalité concrète. Pour lui, tout se joue ici et maintenant, sa notion du temps se construit lentement jusqu’à l’âge de 9/10 ans. Et son raisonnement est binaire : blanc/noir, gentil/méchant, autorisé/interdit, j’aime/je déteste…. Il ne met pas de nuances.

Ainsi, si vous devez changer une routine il est important de le prévenir à l’avance, de lui expliquer plusieurs fois pourquoi vous lui proposez ce changement, de ne pas le prendre par surprise. Cela lui donnera l’opportunité de vous poser des questions et de se préparer intérieurement à cet événement déstabilisant voir anxiogène et ainsi, de passer du non au oui… j’accepte.

Le quatrième besoin est le besoin de Liberté : de quelle liberté parlons-nous ? la liberté de faire seul et de solliciter votre aide en cas de besoin. Encouragez-le à faire tout ce qu’il peut faire par lui-même. La liberté de décider (dans la limite de ses compétences. Par exemple choisir ses habits entre plusieurs vêtements que vous avez présélectionnés). C’est donc une liberté encadrée.

Une autre liberté très importante pour lui est la liberté d’exprimer ses émotions même si certaines vous mettent mal à l’aise ; par exemple lorsqu’il se roule par terre au milieu du supermarché parce que vous avez refusé de lui acheter un produit quelconque ! Il ne fait qu’exprimer sa frustration, sa colère, son sentiment d’impuissance face à votre non. A contrario, s’il n’exprime pas ses émotions, il les intériorise et devient une bombe à retardement qui explosera pour un détail quelconque, un peu plus tard dans la journée. Et si l’interdit est si fort qu’il empêche toute expression émotionnelle, alors, il somatisera ses émotions et tombera malade.

Le cinquième besoin est le besoin d’éprouver du Plaisir au quotidien : jouer, partager, rire sont vitaux pour nourrir son bien-être et sa confiance en lui.

Le sixième besoin est le besoin de Compétence : se sentir compétent lui permet de construire une estime de lui positive (façon dont je me vois). Celle-ci est à la racine de la construction de la confiance en soi. Dit autrement, si l’enfant pense qu’il est nul en maths par exemple, il n’aura aucune confiance en lui dans cette matière et ne pourra pas comprendre les leçons de maths qui lui seront proposées, il sera fermé à cette matière. Une attitude de mise en confiance, de réassurance sera nécessaire pour qu’il puisse réaborder positivement les mathématiques.

De plus, pour se sentir compétent l’enfant aura besoin de signes de reconnaissance, de valorisation et surtout que lui soit octroyé le droit à l’erreur. Se tromper ne doit pas être interprété comme « je suis nul » mais comme « je suis en train d’apprendre, il est normal de se tromper lorsque l’on apprend ». L’erreur fait partie du chemin et permet si elle est expliquée avec empathie et comprise d’avancer en continuant à se sentir compétent.

Ainsi, en tant qu’accompagnant de l’enfant que vous soyez parents, grands-parents, professionnels de la petite enfance, enseignants, baby-sitter ou autre… vous devez veiller tous ensemble au quotidien à répondre à l’ensemble de ses besoins.

Comme vous le voyez ces 6 besoins sont complémentaires et primordiaux. Pour commencer à en prendre conscience je vous propose de vous poser en fin de journée la question clé suivante : est-ce que mon enfant a pu être nourri aujourd’hui au niveau de ces 6 besoins ? si la réponse est non, essayez de noter les besoins qui n’ont pas pu être satisfaits la veille et mettez en priorité pour le lendemain d’y répondre du mieux que vous le pourrez, si vous le pouvez… car nul doute que le métier de parents est le plus difficile qui soit et pour lequel aucune formation n’est prévue !

Ainsi, en tant qu’accompagnant de l’enfant que vous soyez parents, grands-parents, professionnels de la petite enfance, enseignants, baby-sitter ou autre… vous devez veiller tous ensemble au quotidien à tenter de répondre à l’ensemble de ses besoins.

Je vous propose dans mes prochains articles de vous donner des techniques spécifiques pour pouvoir progressivement apprendre à répondre à ces 6 besoins fondamentaux. Cela vous sera utile avec vos enfants, mais également avec les adultes que vous côtoyez au quotidien car, dans le cœur de chaque adulte sommeille un enfant dont, la plupart du temps, les besoins primordiaux n’ont pas été suffisamment entendus et nourris. Alors, en prenant conscience de cela pour votre enfant vous pourrez commencer à vous poser cette 2ème question : et moi, quels sont mes besoins fondamentaux ? Est-ce que je pense à y répondre au quotidien ?

Bonne réflexion… A très vite pour la suite.

Sandra Stettler

Directrice de l’école des Orchidées

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