Les Echecs comme vecteur d’apprentissage

Un cavalier géant, une tour, un fou, des pions du même acabit, de la taille d’une véritable poupée. Un échiquier – damier à la même échelle posé sur le sol. Une couronne posée sur la tête du roi, véritable petit humain, dont la mission est de pourvoir la reine en pièces pour meubler l’échiquier : et voici comment le jeu d’échec, transformé un temps en véritable jeu de rôle, se met à la hauteur de l’univers des 3-6, intrigués par ces pièces de conte de fées au comportement pour le moins compliqué.

Et c’est bien l’idée : depuis trois semaines, Jean-Michel Dutertre, joueur d’échecs émérite, spécialisé dans la pédagogie de l’enfant, vient animer l’activité auprès des 3-6 ans. L’objectif n’étant pas de former le prochain Kasparov avant l’âge de 6 ans, mais bien de proposer aux enfants une première approche du jeu, tout en utilisation son univers de conte de fée pour favoriser d’autres apprentissages. Et les supports ne manquent pas : les formes du plateau, les additions, la créativité, l’imagination…

Bientôt, les missions se précisent. Les uns après les autres, les enfants viennent chercher leur mission : nanti d’une poignée de jetons, ils doivent aller chercher auprès du roi, qui un pion à 1 jeton, qui une tour à 5, un cavalier à 3 ou une reine à 10. Et c’est parti pour une foire aux pièces endiablée où se mêlent requêtes, exclamations, échanges affairés, sur fond de calcul mental et sous l’oeil attentif de Jean-Michel, qui veille à la conformité des transactions demandées.

“Très vite, il va falloir passer à autre chose, explique ce pédagogue averti. On ne peut pas focaliser l’attention des enfants de cet âge plus de quelques minutes sur une activité”. C’est pourquoi il a plus d’un tour dans son sac : au cours de l’heure qui vient, les enfants participeront à des ateliers variés, toujours autour du thème du jeu d’échecs, faisant appel à leurs connaissances, mettant en applications les fondamentaux des apprentissages mathématiques, la reconnaissance des formes, l’apprentissage de mouvements simples, et le travail de l’imagination au moment de donner vie à toutes ces pièces bizarres qui deviendront les acteurs d’une histoire inventée.

Sous son apparence ludique, l’activité cache un vrai fondement pédagogique qui poursuit plusieurs objectifs :

  • Développer la mémoire visuelle ( connaissance et positionnement des pièces)
  • Développer l’attention, les capacités de calcul, de repérage dans un espace plan
  • Développer la capacité de raisonnement
  • Développer l’objectivité, l’esprit critique et de décision
  • Développer la volonté et l’imagination
  • Acquérir le goût du travail en équipe
  • Acquérir le respect de soi, des autres, et des règles établies…

L’objectif est ambitieux, mais pas ennuyeux : derrière le large sourire de Jean-Michel, on devine l’homme passionné, animé d’une véritable envie de transmettre, en même temps qu’un pédagogue aguerri, que les enfants apprécient de revoir régulièrement !