Psychologie des émotions – 3 (Par Sandra Stettler)

Poursuivons notre exploration au pays d’Emotiona avec l’émotion la plus mal-aimée : la colère et pourtant comme vous allez le voir elle est d’une grande utilité… je vous laisse découvrir cette émotion et vous réconcilier avec elle !  

Bonne lecture et bonne pratique !  

Sandra Stettler  

  Pourquoi la colère ?

« De ces quatre émotions, elle est sans doute la plus mal vue et la moins bien tolérée. » Cette première phrase laisse Mr Sans freins songeur, il se souvient de la peine, puis la honte qu’il lisait sur le visage de sa mère lorsqu’enfant il se roulait par terre en envoyant de terribles coups de pied sur tout ce qui l’entourait. Il poursuit sa lecture…  « Pourtant, elle sert à mobiliser notre énergie pour faire bouger ou changer les choses, les comportements des autres ou nos propres comportements lorsqu’ils ne nous conviennent pas. 

C’est donc à l’origine, une « bonne émotion ». Notre besoin lorsque nous l’exprimons est d’être entendu et respecté. » Mr Sans freins retrouve alors son sourire …. 

« Voici un exemple : en cours un élève se fait coller alors qu’il n’a rien fait. Sachant que s’il répond, il risque l’exclusion, il « ravale » sa colère, l’intériorise, la tait, nourrissant du ressentiment envers ce professeur « injuste ».  

« La principale difficulté rencontrée avec la colère sera : comment l’exprimer sans se faire du mal, sans faire du mal à l’autre, sans frapper et sans casser quoi que ce soit ! En effet, celle-ci peut comme toutes les émotions rapidement déborder le sujet. L’amener à  s’emporter, ne contrôlant plus ni ses paroles qui dépassent alors largement ce qu’il souhaitait exprimer, ni ses gestes qui peuvent devenir violents. » 

« Ceci explique pourquoi la colère est mal vue et redoutée. » 

« Elle surgit face à un évènement présent, même si ses racines peuvent se situer dans le passé. Principalement lorsqu’il y a frustration, sentiment d’injustice, vol, non-respect du territoire, entrave à la liberté de temps, de mouvement. 

Une colère sera positive, opérative si elle débouche sur un comportement servant à résoudre le problème. Elle doit permettre en exprimant le mécontentement d’évacuer le problème et de lui trouver une issue positive pour toutes les parties. » 

Ah ! se dit Mr Sans freins me voici plus à l’aise avec mes colères ! Mais, comment les travailler ? 

Comme pour la peur, nous vous proposons quelques pistes de réflexion afin de mieux comprendre la colère : 

  • repérez les colères qui vous sont habituelles 
  • décrivez-les. Quels sont les sujets qui les déclenchent de manière élective ? 
  • que ressentez-vous sur les plans physique et psychologique lorsque vous êtes dans cette émotion ? 
  • de quoi avez-vous besoin à ce moment ? qu’attendez-vous de l’autre ? 
  • pouvez-vous en parler ? votre éducation, votre image de vous-même, vos croyances vous empêchent-elles d’en parler ? si tel est le cas, commencez à les évacuer en les écrivant comme si vous en parliez à un ami capable de vous écouter attentivement et de vous comprendre. Puis, relisez à haute voix ce que vous avez écrit. 

Pour mieux  la contrôler nous vous proposons l’exercice suivant : la respiration calmante telle que nous l’avons décrite précédemment pour la gestion de la peur suivie de l’exercice dit « du coup de poing ».
Vous fermez les yeux, vous visualisez devant vous une cible de la taille, forme et couleur de votre choix. Vous y projetez mentalement la situation qui vous a mis en colère, ainsi que votre colère, vous vous autorisez à l’exprimer dans cette scène. Puis, à l’inspiration vous levez le bras droit devant vous, poing fermé, en rétention respiratoire vous le ramenez vers vous et à l’expiration vous allez taper fortement sur votre cible. Vous laissez ensuite votre bras revenir tranquillement, sans tensions le long du corps. Vous effectuez trois fois  ce mouvement avec le bras droit, trois fois avec le bras gauche, puis, trois fois avec les deux bras en même temps. Lorsque vous avez terminé, vous visualisez votre cible totalement démantelée, en petits morceaux et vous vous débarrassez des débris. Soit, en les piétinant, en les envoyant dans les airs, en les plaçant dans un sac que vous jetez dans une poubelle imaginaire, ou par tout autre moyen de votre choix.   

« Au début, nous révèle Mr Sans freins je n’osais pas frapper la cible, j’avais l’impression que cela pourrait nuire aux personnes que j’avais projeté dans la cible … et finalement je ne me sentais pas mieux à la fin de l’exercice. Puis, je me suis dit que ma projection mentale ne servait qu’à me décharger moi-même, à évacuer ma colère et j’ai commencé à taper sans culpabilité en soufflant fortement  et là ! Quel soulagement : la douleur dans les épaules, le nœud à l’estomac ont disparu totalement et une impression  de légèreté est venue les remplacer. Quelle joie ! 

Mr Sans freins repense à sa mère, tout ceci lui aurait été fort utile, elle qui souffrait tant de ses émotions ! Il la revoit et sent une profonde tristesse l’envahir, il aimerait tant entendre de nouveau sa douce voix, sentir son odeur, percevoir son pas alerte résonnant dans toute la maison. 

Voilà une émotion qu’il ne souhaitait pas travailler pourtant, le cœur gros il poursuit sa recherche : tristesse… 

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